Garantir un cadre fiscal pour nos micro-entrepreneurs et petites entreprises (PPL)
Garantir un cadre fiscal stable, juste et lisible pour nos micro-entrepreneurs et nos petites entreprises
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
Depuis plusieurs mois, un climat d’incertitude économique fragilise le tissu entrepreneurial de proximité, en particulier celui des auto‑entrepreneurs et micro‑entrepreneurs, qui représentent aujourd’hui une part essentielle de la dynamique de création d’emplois et de richesse en France. À l’instabilité conjoncturelle s’ajoute une instabilité normative, dont l’une des plus récentes illustrations réside dans la décision d’abaisser les seuils de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Or cette évolution législative, initialement prévue pour entrer en vigueur le 1er mars 2025, a été suspendue par le gouvernement jusqu’au 1er juin 2025, à la suite d’une levée de boucliers sans précédent de la part des représentants du monde entrepreneurial. Cette suspension temporaire maintient aujourd’hui plus de 205 000 petites entreprises dans une situation d’incertitude juridique et fiscale, dont 135 000 micro‑entrepreneurs qui peinent à anticiper les conséquences concrètes de leur dépassement éventuel de seuils de chiffre d’affaires.
Concrètement, cette réforme prévoit de contraindre à l’assujettissement à la TVA les entreprises, petites et micro‑entreprises, dès lors qu’elles franchissent 25 000 euros de chiffre d’affaires annuel, contre 37 500 euros actuellement pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales. Une telle modification, brutale, ni concertée ni anticipée, censée générer 400 millions d’euros de recettes fiscales en 2025 (800 millions d’euros en année pleine) engendrerait en moyenne plus de 4 000 euros de taxes supplémentaires par an pour les professionnels concernés, difficilement compensable par une hausse de leurs prix, et sans qu’un accompagnement opérationnel ait été mis en place à ce jour.
Ce resserrement des seuils représente non seulement un choc administratif et financier pour ces travailleurs qui créent leur propre activité – dont près de la moitié ont moins de 30 ans – mais il constitue également un frein à l’initiative économique, à la formalisation de l’emploi, et à l’insertion professionnelle dans les zones rurales ou périurbaines, où plus d’un quart des microentreprises voient aujourd’hui le jour.
Les conséquences potentielles sont multiples : recul de la création d’activité, diminution des revenus des plus fragiles, complexification de la gestion pour des entrepreneurs souvent sans appui comptable, renoncement à l’entrepreneuriat pour de nombreux jeunes ou personnes en reconversion. À l’échelle macroéconomique, c’est le risque d’un ralentissement du dynamisme entrepreneurial.
Depuis 2017, la France a connu un essor inédit de la création d’entreprises, porté notamment par la simplicité et la souplesse du régime de la microentreprise. En 2023, plus d’un million d’entreprises ont été créées dans notre pays, dont 700 000 sous le régime microentrepreneurial. Ce chiffre a presque doublé par rapport à 2017. Ces structures couvrent un spectre d’activité très large – des services à la personne à la transition écologique, de l’artisanat aux métiers du numérique – et participent activement à l’insertion professionnelle, en particulier des jeunes, des femmes, des seniors et des personnes en reconversion.
Une entreprise sur trois emploie dès la première année, avec en moyenne trois salariés, et plus d’un quart des créations ont lieu en zones rurales, contribuant ainsi au maillage économique du territoire. Ce sont autant d’emplois créés, de parcours relancés, et de familles sorties du chômage ou de la précarité. Grâce à cet élan, plus de deux millions de Français ont retrouvé le chemin de l’emploi depuis 2017, sans charge directe pour les finances publiques.
Dans ce contexte, la suspension de la réforme du 1er mars au 1er juin 2025, bien qu’elle ait été présentée comme un temps de concertation, n’a pas permis de documenter des éventuelles éléments de concurrence déloyale, de lever les inquiétudes ni de garantir une sécurité juridique minimale aux entrepreneurs concernés. Ce flou réglementaire fragilise l’activité des professionnels qui, au quotidien, prennent des risques et s’investissent pleinement pour faire vivre l’économie locale.
Cette proposition de loi propose donc de maintenir durablement les seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1er mars 2025, soit 37 500 euros pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales, en écartant explicitement leur réduction à 25 000 euros. Par ailleurs, des seuils spécifiques sont prévus pour certaines professions : les avocats, auteurs et artistes‑interprètes bénéficient d’un plafond fixé à 50 000 euros pour les activités principales et 35 000 euros pour les activités connexes. Ils sont également remis à leur niveau initial.
Cette mesure de stabilité, sans impact budgétaire immédiat – puisqu’elle se borne à empêcher une hausse des prélèvements prévue mais non encore appliquée – permettrait d’offrir aux micro-entrepreneurs un cadre pérenne et lisible, essentiel à leur développement et à leur sécurisation juridique.
L’ article 1 er de la proposition de loi vise à abroger la réforme des seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1 er mars 2025. Il maintient les seuils de franchise en base de TVA au niveau en vigueur avant le 1er mars 2025, soit 37 500 euros pour les prestations de services et 85 000 euros pour les activités commerciales.
L’ article 2 vise à gager la proposition de loi .
Ces changements simplifient radicalement le barème de la contribution sur les boissons sucrées en remplaçant une grille tarifaire complexe par trois tranches forfaitaires basées sur la teneur en sucre, tout en supprimant une surtaxe historique sur les apéritifs à base d'alcool pur. Pour les citoyens et les consommateurs, cela se traduit par une fiscalité plus lisible et potentiellement plus faible pour les produits à faible teneur en sucre, tandis que les produits très sucrés voient leur taxation alignée sur un seuil fixe plutôt que sur un calcul progressif. Les droits concernés relèvent de la contribution spécifique sur les boissons, dont le produit est désormais affecté à la branche agriculture, modifiant ainsi la structure des coûts pour les industriels et les prix de vente finaux.
2025-06-02
Vote par groupe
mode vote2025-10-23
Vote par groupe
mode voteInformations
- Type
- Proposition de loi
- Commission
- des finances
- Gouvernement
- Bayrou
- NOR
- ECOX2515950L